La question religieuse en Tunisie : on dirait la Commanderie des croyants… sans le Commandeur des croyants (Facebook)
Younes Benmoumen - Récapitulons la question religieuse selon nos amis tunisiens : 1) La religion d'Etat est l'Islam; 2) L'Etat est gardien de la religion, et garantit la liberté de croyance et de conscience, et le libre exercice du culte. Il est protecteur du sacré, garant de la neutralité des mosquées; 3) Le président de la République nomme et révoque le Mufti de la République Tunisienne par décret. On dirait la Commanderie des croyants, sans le Commandeur des croyants, avec la liberté de conscience en plus. En y ajoutant l'esprit du préambule, on retrouve le substrat de cet ancien laïcisme arabe, qui à défaut d'exclure la religion du politique, entend la contrôler. Un peu comme les Turcs, quoi.
La Constitution tunisienne pas si "unique" (Sandro Lutyens)
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La cours des comptes s’intéresse aux biens des enfants de responsables (Akhbar Alyoum)
La enquêteurs de Driss Jettou préparent de nouveaux modèles de formulaires de déclaration du patrimoine qui incluent tout bien enregistré au nom de leurs enfants mineurs (…) un rapport officiel sur la déclaration des biens sera publié (…)
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Eric Zemmour : le non-dit assourdissant de l’affaire Peugeot (Figaro Mag)
(…) si Peugeot avait massivement déménagé ses usines en Turquie, au Maroc ou en Chine, il n'en serait pas là. S'il avait fait... comme Renault. Renault et ses usines dispersées de par le monde, ses voitures low-cost fabriquées au Maroc et sa holding aux Pays-Bas ! (…) En fait, Peugeot a coulé parce qu'il a été plus vertueux que ses adversaires en conservant trop d'emplois en France (…)
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« Le projet de Cloud national ne sera pas d’un grand atout pour le Maroc » (Le Matin du Sahara)
Roch Muraine, directeur du développement commercial d’Alcatel Lucent Enterprise : « pour avoir des applications cloud, il faut une bonne connectivité et des infrastructures (…) je ne crois pas qu’un grand projet préfabriqué de Cloud national sera un atout pour le Maroc, il faut d’abord consolider l’infrastructure de réseau nationale, ensuite il suffira d’interconnecter l’ensemble dans une pluralité de projets de Data-centers avec des acteurs industriels différents (…)
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Les BRICS ralentissent tandis que les pays de second rang connaissent une forte croissance (Le Monde)
Claire Guélaud - (…) des pays de second rang possèdent aussi des atouts. " Pour une entreprise de taille intermédiaire désireuse de s'ouvrir à l'international, le Maroc apparaît comme un “hub” pour développer le commerce en Afrique, selon Stéphane Baller, associé d'Ernst & Young (…) Dans l'automobile, le cabinet BCG a identifié quinze pays prioritaires regroupés par " clusters " : les nations de l'Asean (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), l'Arabie saoudite, l'Iran et la Turquie, les pays andins — Chili, Bolivie, Pérou — et l'Afrique du Nord — Algérie, Maroc, Egypte (…)
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Relecture des versets sur l’héritage (Asma Lamrabet)
Selon Ahmed Reda Chami la question de l’égalité dans l’héritage n’est pas prioritaire et ne fait pas partie des préoccupations des ittihadis (Ennass)
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L’Algérie occupe la 2e position pour la deuxième année consécutive dans le classement des visiteurs du site internet du Secrétariat Général du Gouvernement (Ennass)
En 2012 le SGG a produit en moyenne 1 dahir tous les 3 jours et deux décrets et plus de 20 arrêtés et décisions par jour (La Vie Economique)
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Cosumar suspendue vendredi 24 janvier (MAP)
Curieusement Cosumar n’a pas été suspendue dès Mercredi (Les Ecos)
SNI cède 24,5% supplémentaires de Cosumar, la transaction a instantanément fait bondir le volume sur la valeur au marché central où elle n'a curieusement pas été suspendue aujourd’hui mercredi 22 janvier, la plaçant en tête des actions les plus échangées de la séance d'hier. Tout aussi curieusement, le franchissement de seuil à la baisse de la SNI dans le capital de Cosumar n’a également pas été annoncé (…)
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Pourquoi l’armée de terre a-t-elle choisi les M1A1 Abrams ? (Maghreb Intelligence)
(…) Lors des conflits en Irak, le char Abrams a littéralement écrasé le T-72, ancêtre du T-90 qui est la colonne vertébrale de l’armée de terre algérienne. Présenté comme un bijou technologique, le T-90 n’a jamais été soumis à l’épreuve du feu dans un grand conflit. Certains n’hésitent pas à le comparer au T-80 qui avait vite montré ses limites, notamment lors du 1er conflit Tchétchène, où il avait fortement déçu, principalement au niveau des blindages.
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Holdings : une mesure destinée à pousser les « groupes familiaux à se restructurer (L’Economiste)
Hassan El Harif - La loi de finances 2014 prévoit que les apports d’actifs doivent être conservées au moins 4 ans, le dispositif en vigueur du 1er janvier 2014 pour deux ans (…) les cas de moins-values ne sont pas concernés par le dispositif (…) aucun crédit d’impôt n’est donc possible (…) il ne sera pas non plus possible d’effectuer le cumul des plus-values et des moins values de deux types d’actions, dont l’une est cotée en Bourse et l’autre non (…)
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Le projet de loi organique des commissions d'enquête discuté (H24infos)
(…) En vertu de ce texte, toute personne qui ne comparaît pas ou refuse de prêter serment devant une commission d'enquête sans motif valable est passible d'une peine de prison allant de six mois à deux ans et d'une amende de 5.000 à 20.000 dirhams.
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Saisie à Ain Temouchent de près de 12 quintaux de cuivre destinés à la contrebande vers le Maroc (APS)
(…) les policiers qui ont arrêté son conducteur le nommé K.M (22 ans) originaire d'Oran, a précisé le commissaire divisionnaire, Madani Nâar. L’enquête diligentée par la PJ se poursuit pour l'identification des autres membres de cette bande spécialisée dans la contrebande de cuivre volé auprès de diverses administrations dont ACTEL, a-t-on ajouté, signalant que cette affaire s'inscrit en droite ligne avec celle traitée dernièrement à El Amria où des individus ont été surpris en flagrant délit de vol de câbles téléphoniques d'une niche d'ACTEL (…)
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Driss Ksikes : le Maroc a un rôle évident à jouer dans l’émergence du nouvel ordre commercial qui verra la part des pays du sud exploser d’ici 2050 (Economia)
(…) Dans les derniers rapports du World Economic Forum sur l’indice de compétitivité globale, le Maroc améliore son classement en passant du 73e au 70e rang mondial. Sur le continent africain, le Royaume se positionne comme étant le 3e pays le plus compétitif, derrière l’Afrique du Sud (52e) et le Rwanda (63e). Les rédacteurs du rapport consacré à l’Afrique rappellent que l’intégration régionale et le développement des échanges transfrontaliers ne peuvent qu’améliorer cette compétitivité et favoriser une meilleure répartition des effets de la croissance. Compte tenu de ce positionnement, il paraît donc évident que le Maroc a un rôle à jouer dans le développement économique d’un continent qui sera, d’ici 2050, la première puissance démographique dans le monde et, de manière plus large, dans ce nouvel ordre commercial qui verra la part des pays du Sud exploser d’ici 2050 (…)
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Cannabis médical en Israel : la famille Cohen (Libération)
Corine Bensimon - (…) Fondée par la famille Cohen, originaire du Maroc, cette entreprise est la plus importante des huit sociétés habilitées par les ministères de la Santé et de l'Agriculture à cultiver des plants de marijuana. Elle fut aussi la première à obtenir, en 2007, le droit d'en faire pousser pour les quelques patients en grande souffrance autorisés à en consommer, à raison d'une cinquantaine de plants maximum et à condition de fournir l'herbe gratuitement aux malades. Ce qui fut fait, comme une mitzvah, par le fils Cohen, ingénieur, rentré de Californie en 2004 illuminé par les pouvoirs bienfaiteurs de l'herbe. Les plants furent cultivés dans l'appartement familial - «Il y en avait partout», se souvient Dorit, sa mère, une femme joviale au physique généreux, ex-prof de sciences à la main verte. «Les malades venaient chez nous, ou alors, comme j'avais le droit de transporter la marijuana, je l'amenais en bus jusqu'à Tel-Aviv. Ça sentait fort !» s'esclaffe-t-elle (…)
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Save Casa exige la correction d'un nom de rue "Dila Securite social" (Medias24)
(…) «Vous êtes témoin d'une nuisance à Casablanca ? Envoyez-nous vos photos, l'adresse exacte de cette nuisance et le nom de l'arrondissement et nous nous chargeons d'envoyer un recommandé au Président de l'arrondissement», tel est le crédo du groupe Save Casablanca, lancé par l'auteure Mouna Hachim sur Facebook. Save Casablanca est à n'en pas douter une initiative citoyenne simple mais redoutablement efficace. Cette semaine, les membres de ce groupe ont adressé une lettre à Kamal Daissaoui, président de l'arrondissement de Sidi Belyout, pour lui demander de bien vouloir corriger la plaque du nom de la «rue de la sécurité sociale », malencontreusement transcrite «rue Dila Securite social ». En effet, les exemples ne manquent pas : «rue Mecheal Ange», « rue Algeir». La rue réunion, qui fait référence à l'ile du même nom, a été traduite en arabe par rue «Alijtimaa », le fait de se réunir. Le nom de cette rue ne faisant pas référence à un hommage public ou à un événement historique, cette modification peut se faire sans l'aval de l'autorité de tutelle prévu à l'article 69 de la loi n' 78-00 portant charte communale», conclut, pédagogique, la lettre de Save Casa (…)
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The challenges of ‘participatory’ development in a semi-authoritarian context: the case of an essential oil distillation project in the High Atlas Mountains of Morocco (Tandfonline)
Decentralisation implies that responsibilities for development planning and management are transferred from central governance levels to sub-national levels, including local governments. Decentralisation reforms assume that local people's greater involvement in local decision-making will lead to more sustainable social and environmental development. Participatory rural techniques and approaches have been devised to support decentralisation reforms. This article presents the case of a multi-donor-funded ‘participatory’ essential oil distillation project in the High Atlas of Morocco. The project sought to respond to urgent issues around natural resource conservation, desertification, poverty alleviation, and out-migration of Berber communities towards urban areas. The article addresses the role that institutional partners and local authorities played in the implementation of the project. Based on extensive empirical fieldwork, the findings demonstrate that the approaches utilised by the Moroccan government to involve local communities are not adequately addressing local needs and suggest that there is little desire, nor the necessary capacity, to empower the local communities in the way that would be necessary to achieve effective economic development. Indeed, the project raised high expectations among the villagers but delivered few concrete results, benefiting mostly the local elite. This had a disengaging effect on the local communities. Another explanation for the ‘failure’ of the project is the clash between traditional and modern notions of ‘governance’ that it brought with it and that played out inside the communities. The article argues that participatory approaches should embrace the community's customary norms, thus facilitating the establishment of endemic notions of good local ‘governance’ and negotiating local traditional practices at the community level.
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Le receleur aux mille œuvres d’art (Aujourd’hui en France)
Louise Colcombet - Etonnant personnage que ce diplômé de philosophie chez qui les policiers ont retrouvé un bric-à-brac de fausses et vraies toiles de maître dérobées dans des galeries. Des toiles de maître miraculeusement chinées aux puces de Saint-Ouen, des œuvres offertes par des galeristes ou par les artistes eux-mêmes, un complot mêlant la police française et le royaume du Maroc… Le tribunal correctionnel de Paris, qui jugeait il y a quelques jours un étonnant collectionneur pour recel, est resté plus que dubitatif face aux explications de l’intéressé, soupçonné d’avoir écoulé depuis 2008, entre Paris, Nice et Londres, plus de 200 œuvres volées. C’est en mai 2011 qu’El-Arbi Moubachir, 71 ans aujourd’hui, est arrêté par la brigade de répression du banditisme. Les enquêteurs viennent de découvrir, dans le catalogue d’une célèbre maison de ventes aux enchères, deux lithographies du peintre cubiste Georges Braque volées il y a dix ans à la prestigieuse galerie Maeght. Le vendeur n’est autre qu’El-Arbi Moubachir, chez qui les policiers vont découvrir un incroyable bric-à-brac de plus de 1000 œuvres, empilées du sol au plafond, côtoyant un ordinateur volé et des bouteilles de grands crus — dont un Pétrus prétendument acheté dans une… supérette. Un Chagall à 150000 € dans un placard La collection, hétéroclite, est composée de faux, de « croûtes sans valeur » selon El-Arbi Moubachir, mais aussi d’œuvres signées Picasso, Miro, Dali, Matisse… Les enquêteurs retrouvent même, remisée dans un placard, une peinture de Marc Chagall estimée à 150000 €, elle aussi dérobée à la galerie Maeght en 1987. Manteau noir, cheveux grisonnants, discours élaboré, El-Arbi Moubachir se défend seul. Il se présente comme un collectionneur avisé, passionné depuis l’adolescence et qui, malgré des revenus officiels de 180 € par mois, financerait ses achats grâce à des « coups en Bourse ». Docteur en philosophie et ancien correcteur vacataire à l’école de commerce HEC, l’homme, propriétaire de deux appartements, est inconnu du milieu de l’art. A la galerie Maeght notamment, on l’a souvent vu déambuler, jamais acheter. Pourtant, il l’assure, « les factures existent mais elles ont été emportées par les policiers lors de la perquisition », signe selon lui d’un complot orchestré en sous-main par le gouvernement marocain, où Moubachir aurait longtemps conseillé le roi Hassane II avant de devenir persona non grata au Royaume… De « bonnes affaires » aux puces de Saint-Ouen. D’autres œuvres lui auraient tout simplement été offertes par « Sartre et Simone de Beauvoir, des amis » et l’une d’elles donnée et « signée par Francis Bacon en personne » lors d’un vernissage. Quant au Chagall, il dit l’avoir acheté 1000 F — il en vaut 650 fois plus! — « aux puces de Saint-Ouen, dans les années 1980 ». « Vous l’achetez et vous le mettez dans un placard? » feint de s’étonner un juge. « Pour moi, c’était un faux. Si j’avais su qu’il était vrai je l’aurais revendu », répond avec aplomb El-Arbi Moubachir, affirmant avoir fait plusieurs autres bonnes affaires aux puces de la porte de Clignancourt. « J’y vais tous les week-ends chiner et je n’ai jamais rien vu de tel! » réagit, mi-amusée, mi-agacée par cette improbable défense, Isabelle Maeght, PDG de la galerie homonyme. Celle-ci a finalement obtenu la restitution ou l’indemnisation de 26 œuvres qui manquaient à l’appel depuis de longues années. A l’époque, leur disparition avait été mise sur le compte d’un prêt ou d’une erreur d’inventaire. De fait, la plupart de ces « petites » œuvres ont ainsi pu être bradées sur le marché officiel sans jamais attirer les soupçons, pour un montant de plus de 80000 €. Et pour de nombreuses autres découvertes chez le prévenu, les policiers n’ont pas encore retrouvé les véritables propriétaires… Le prévenu a été condamné à deux ans de prison.
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Théorie du chaos : la différence de pression entre les Açores et l'Islande permet de prévoir le rendement des récoltes de blé du nord du Maroc deux-trois mois à l'avance (Le Monde)
Viviane Thivent - Ils ont dû tourner… mais où ? " Au volant de son 4 × 4 blanc, quelque part sur les contreforts de l'Atlas marocain, Sylvain Mangiarotti cherche des yeux les véhicules de ses confrères du Laboratoire mixte international " Télédétection et ressources en eau en Méditerranée semi-aride " (LMI Trema) Cesbio-UCAM, de Marrakech. En vain. " C'est gênant, car j'ignore complètement où se trouve la station de mesures météorologiques ", s'excuse-t-il. Sylvain Mangiarotti n'est pas un habitué du terrain : il s'agit d'un chaoticien, un théoricien dont la seule obsession est d'appliquer la théorie du chaos à l'étude de l'environnement. " Il est le seul au monde à tenter ce type d'approche ", avait prévenu Christophe Letellier, un physicien de Rouen qui, en 2007, a démontré pour la première fois qu'il était possible d'appliquer la théorie du chaos à un système écologique réel, en l'occurrence à l'évolution des populations de lynx au Canada. Née en 1899 dans l'esprit d'Henri Poincaré (1854-1912), la théorie du chaos dit que certains systèmes à l'allure très désordonnée sont en réalité régis par un déterminisme sous-jacent, un ordre qu'une extrême sensibilité aux conditions initiales rend difficile à saisir de prime abord. " Mais en étudiant l'évolution sur le long terme de certains paramètres liés au système, il est possible d'approcher cette mécanique cachée ", continue Sylvain Mangiarotti en accélérant pour rattraper les véhicules du Trema qui viennent de refaire surface. " Les perspectives sont si intéressantes que, après 1963 et la contribution du météorologue américain Edward Lorenz, raconte Christophe Letellier, de nombreux scientifiques se sont mis à appliquer la théorie du chaos à n'importe quel système, chaotique ou non, sortant des chiffres dénués de signification et discréditant petit à petit l'approche. " Résultat : au début des années 2000, ne restait plus qu'une poignée d'irréductibles chaoticiens, bien décidés à utiliser correctement les préceptes de Poincaré. Ainsi, en 2012, Sylvain Mangiarotti a-t-il démontré, après avoir étudié les images satellitaires prises tous les dix jours entre 1982 et 2008, que l'indice de végétation du Nord marocain évoluait de façon chaotique et que, de fait, sa dynamique pouvait être anticipée " jusqu'à deux mois à l'avance ", précise le chercheur en se garant devant la station de mesures. " Et tout cela sans considérer d'autres paramètres, comme l'évolution des températures ou des précipitations. Une seule série temporelle nous a donné accès à la dynamique globale du système… ou du moins à une partie de cette dynamique. " Car, au pays du chaos, toutes les variables observables ne se valent pas. " Certaines séries temporelles sont plus informatives que d'autres… Et toute la difficulté consiste justement à les identifier ", continue le chercheur. Voilà pourquoi, depuis des mois, Sylvain Mangiarotti teste toutes les données temporelles qui lui tombent sous la main, qu'il s'agisse d'un flux de sève ou de la couverture neigeuse sur l'Atlas. Objectif ? " Compléter les approches classiques qui permettent d'effectuer des prévisions à court terme ", explique Lionel Jarlan, chercheur au Trema, qui justement vient de publier un modèle montrant qu'entre autres facteurs, la différence de pression entre les Açores et l'Islande – l'oscillation nord-atlantique – permet de prévoir le rendement des récoltes de blé du nord du Maroc deux-trois mois à l'avance. Une prouesse, vu que les modèles en vigueur ne donnent des prévisions qu'un mois avant la récolte. " Toutefois, ceux-ci ne nous disent rien de l'évolution à plus long terme du système et de sa réaction en cas d'évolution climatique. C'est là que la théorie du chaos peut jouer un rôle ", avance Lionel Jarlan. " A ce stade, il est néanmoins difficile de présumer des apports de cette théorie au contexte très particulier de l'environnement ", nuance Sylvain Mangiarotti. Seul le cours parfois chaotique de la recherche permettra de trancher la question.
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