lundi 3 février 2014

Revue de presse - semaine du 3 février

 

L’attitude négationniste de la CGEM vis à vis du libre échange avec l’Afrique (Perspectives)

Alors que le Maroc au plus haut sommet de l’Etat s’active pour nouer des partenariats de développement sud-sud, une étrange sortie de la CGEM remet tout en question. Il s’agit là de l’attitude négationniste de la confédération quant à tout accord de libre-échange avec les différentes organisation économiques d’Afrique, en prônant comme motif la défaillance enregistrée à l’issue des différents accords de libre-échange consentis par le royaume, soit ceux avec les USA et l’UE, ou certes le Maroc est grand perdant. Ceci ayant ne faut-il pas rappeler à notre confrérie d’employeurs que l’Afrique subsaharienne n’a que de la matière première à exporter et que c’est dans l’intérêt de nos exportateurs que de trouver preneurs pour ce qu’ils ont à offrir, ne franchissant guère les premières barrières réglementaires de nos partenaires en libre échange (…)

 

Le Maroc permet à la Chine de compléter sa stratégie de sécurisation maritime (Economie & Entreprises)

(…) En cas de libre échange Maroc-Chine, une boite de concentré de tomate chinoise serait proposée à 1,2 dh dans les commerces du pays au lieu de 2,4 dh pour le made in Morocco (…)

 

Qui est derrière BIM? (Akhbar Alyoum)

Depuis 4 ans BIM accumule les pertes au Maroc, 80 millions de dirhams en 2012 (contre 55 en 2011). BIM a ouvert 120 magasins au Maroc (…) et bénéficierait d’un soutien puissant des autorités turques (…) pour tirer profit de l’accord de libre-échange Maroc-Turquie et des défaillances de la réglementation du secteur.

 

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Alternatives to U.S. Hard Power: Saudi Arabia Might Import Former Moroccan Officers (Foreign Policy Research Institute)

Brandon Friedman - (…) in the short term, it may turn to enhanced security cooperation with China as an alternative or insurance policy for what it perceives as unreliable U.S. security commitments. Second, it may begin improving and developing the fighting capabilities of its own military forces. This might include importing a greater number of former Pakistani, Moroccan, and Jordanian military officers, as well as the possibility of offering citizenship to non-native Sunni Muslim mercenaries in exchange for military service. In combination with this step, Saudi Arabia appears to be showing interest in building its own military manufacturing and production industries (…)

 

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Tunisie/Maroc ou la guerre du marketing économique (L’Economiste)

(…) La mauvaise nouvelle c’est que le Maroc devra maintenant surveiller ses flancs sur le plan du marketing économique aussi avec l’arrivée dans le nouveau gouvernement tunisien de profils pointus ayant fait leurs preuves à la BAD, aux Nations unies, à la Cnuced ou à l’OMC (…)

 

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Casa Finance City : à notre rythme d’introductions en bourse, il nous faudra 175 ans pour rattraper la Jordanie (Canard Libéré)

(…) Ne nourrissant pas l’ambition de devenir des huis financiers, Israel et la Jordanie possèdent respectivement 593 et 247 sociétés cotées en bourse alors que la place casablancaise en compte 72 (…) au lieu que CFC soit une porte d’entrée du MAroc en Afrique pour capter les investissements estimées à quelques 100 milliards de dh, CFC vidé de sa substance réussira-t-il l’exploit de n’être que la porte d’entrée des opérateurs marocains au Maroc?? (…)

 

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Moot : oui je veux comparer Sina à Rosa Parks! (NssNss)

(…) « Quand je regarde ce clip dont la qualité est au mieux médiocre, je vois pourtant une femme qui ose briser certains codes et certaines conventions de notre société (…) ce que je vois c’est une hurluberlue qui dit simplement "merde" à tout le monde et dispose librement de ses faits et gestes et ce, peu importe ce qui la motive. Je veux faire la comparaison de Sina à ce chinois devenu célèbre pour s’être dressé face à un tank. Je veux faire la comparaison de Sina à Rosa Parks et le culot qu’elle a eu de s’asseoir à la place d’un blanc. Je vais faire la comparaison de Sina à ces jeunes qui ont osé manger publiquement pendant Ramadan alors que d'autres le faisaient chez eux à la maison (…)

 

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BLOG CORNER

 

A health care lesson courtesy of a clinic in Morocco (Bill Daley)

 

Aïssa Kadri : «Une large partie des intelligentsias et des élites s’est alignée» (El Watan)

 

Mounir Fatmi entre chez Yvon Lambert: « Je ne crois pas en une vérité unique »

 

909: « Nous ne sommes pas qu’un pays de thé, de chameaux, et de couscous »

 

La politique budgétaire au Maroc, un Joker du Gouvernement Benkirane : À quel dosage ?

 

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MEDIAS

 

Video - Une circoncision tourne mal, le médecin acquitté, la maman manifeste devant le tribunal

http://www.youtube.com/watch?v=k7bZuPlzAuo

 

Video - Reportage sur les herbes hallucinogènes sur 2M

http://www.youtube.com/watch?v=mAbyKYzb71M

 

Video - Zero Zbel Experience (TEDxTalks)

http://www.youtube.com/watch?v=K-BtrzYME2Y

 

Flyer - Stage de self-défense pour les femmes les 22 et 23 février à la Salle Om Yoga

http://www.illionweb.com/wp-content/uploads/2014/01/SELF-DEFENSE-001.jpg

 

Map - The liquor map of the world (Euromonitor)

http://qzprod.files.wordpress.com/2014/01/liquor-map21.png

 

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BREVES

 

Inédit : Tom Hanks tourne son prochain film à Laayoune (Goud)

 

L’éclairage public a disparu pendant dix jours du quartier attenant à Hay Limoun ou réside Abdellilah Benkirane à Rabat, causant des problèmes d’insécurité (Al Akhbar)

 

Casablanca compte 70 épiceries de rue pour mille habitants contre seulement 27 pour Paris (Economie & Entreprises)

 

Maroc Télécom hué au Maroc web awards, l’autre sponsor L’OCP qui a eu plus de chance a récolté des « Wééé » au lieu des « huuuuu » (Newz.ma)

 

Souleiman Bencheikh : la victoire probable de Bachar Al Assad implique peut être pour le Maroc l’instauration d’une nouvelle doctrine diplomatique (Tel Quel)

 

Le TGV vers Tanger réalisé à 57% (Medias24)

 

Le parc automobile de l’Etat consomme 60% de l’essence commercialisée au Maroc selon El Ouafa (Bladi)

 

La mensuelle « Mais Encore » que présente Hamid Berrada sur 2M couterait 50 000 dh pour chaque émission, hors frais de billet d’avion depuis Paris (Al Aan)

 

Wal-Mart approvisionne le marché britannique en produits frais, viandes et vins depuis Casablanca (Challenge)

 

Transparence : le nombre de comptes spéciaux du Trésor est passé de 130 en 2003 à 79 en 2013 (Finances News)

 

« Prix de la Darija » 2014 de la Fondation Zakoura pour la création littéraire, la traduction et la littérature de jeunesse, dotés chacun de 15 000 dh, deadline le 30 avril

 

Visite du salafiste Abou Hafs au Qatar où il a été reçu par l’ex-patron du MUR et actuel vice président de l’Union Mondiale des ouléma musulmans Ahmed Raissouni (Akhbar Alyoum)

 

Le roi du Maroc demande au Mouvement national de libération de l'Azawad de « rester ouvert au dialogue politique » avec Bamako, indique un communiqué de ce mouvement transmis samedi à l'AFP (La Voix de la Russie)

 

The High Atlas Foundation celebrates the planting of its one millionth tree over the past 10 years (State.gov)

 

Le gouvernement vote la loi organique sur les commissions d’enquêtes parlementaires avec seulement 9 députés après le boycott de l’opposition (Assabah)

 

Bank Al-Maghrib dément avoir émis un billet de 1000 dirhams (MAP)

 

Congreso international : Los descendientes andalusíes “moriscos” en Marruecos, Espana y Portugal (Tánger 4 al 10 Abril 2014)

 

Le quotidien gratuit Au Fait disparaît des présentoirs pour se nicher exclusivement sur le Web (Tel Quel)

 

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RESEACH

 

Security vs. Liberty: TheDiscourse on Terrorism in theUnited States and Moroccoand Its Societal Effects

 

Najib Akesbi : les investissements verts dans l’agriculture au Maroc (IFRI)

http://www.ifri.org/downloads/noteifriocpnakesbi.pdf

 

Rapport mondial Unesco de suivi sur l’EPT 2013/2014

http://unesdoc.unesco.org/images/0022/002261/226157f.pdf

 

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Massar : Un système permettant aux parents d'obtenir les notes de leurs enfants en ligne (Service-Public.ma)

(…) L'utilisation de ce système informatique, qui a permis aux administrations pédagogiques des établissements scolaires de conserver plus de 35 millions de notes jusqu'au 23 janvier 2014, s'inscrit dans le cadre de l'intégration des technologies de l'information et de la communication dans le système éducatif (…) Ce système informatique permettra aussi aux parents, via les portails électroniques des établissements scolaires, de connaître les dates des contrôles continus, de s'informer sur les emplois du temps de leurs enfants, d'obtenir leurs résultats scolaires et de suivre leur apprentissage (…)

 

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Les Libyens accusent deux ex-dirigeants marocains de Goldman Sachs d'avoir abusé de leur naïveté (Yabiladi)

Par Ristel Tchounand - Le fonds souverain libyen « Libyan Investment Authority » est en colère contre la banque d'investissement américaine Goldman Sachs, et tout particulièrement contre deux ex-dirigeants, le Marocain Youssef Kabbaj, ancien responsable Moyen-Orient et Afrique du Nord de la banque et le maroco-australien Driss Ben-Brahim, chef de la division marchés émergents (…) Les Libyens disent avoir perdu i milliard de dollars, quand la banque américaine a pu encaisser sur leur dos, 350 millions de dollars (…) Pourquoi Youssef Kabbaj et Driss Ben-Brahim sont-ils particulièrement visé ? (…) Lorsque l'investissement d'1,3 milliard de dollars perd 98% de sa valeur pendant Ia cnse de 2008, Youssef Kabbaj est convoqué à Tripoli pour explications (…)

 

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Fiscalité des terrains nouvellement urbanisés (L’Economiste)

La loi de finances 2013 avait prévu l’imposition de la cession des terrains nouvellement intégrés dans le périmètre urbain. Sauf que le terme «cession» ne fait pas le distinguo entre vente et donation. Les promoteurs immobiliers avaient critiqué la mesure, affirmant qu’elle allait bloquer les cessions de foncier et donc les mises en chantier. Le dispositif a été clarifié par la loi de finances 2014. Ainsi, ces terrains ne seront imposés qu’au terme d’une première cession à titre onéreux (30% de la plus-value et 20% pour les cessions suivantes). Quant aux donations, elles seront exonérées.

 

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Vers la suppression de l'immunité pour les ministres marocains (Bladi)

Le gouvernement Benkirane s'apprête à supprimer l'immunité et la distinction juridique dont jouissent les ministres, les magistrats et les hauts commis de l'Etat à partir de l'année prochaine, a affirmé mercredi Mustapha Ramid, ministre de la Justice devant le Parlement. La distinction juridique sera supprimée par le gouvernement pour assurer l'égalité entre tous les citoyens lors des enquêtes judiciaires, mais aussi concernant les modalités de poursuite des suspects a précisé Mustapha Ramid". Dans le nouveau projet de loi, qui s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de la nouvelle Çonstitution", seul le président de la Cour suprême aura le pouvoir de lever l'immunité aux responsables jouissant de cette distinction juridique (…)

 

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Le syndicat du PJD soutient les gens en sit-in à Khouribga contre l’OCP  (Challenge)

Jamal Berraoui - (…) Mostafa Terrab a tenu à ce que 30 % de ces marchés reviennent à des  entreprises marocaines. Depuis une semaine, il y a un sit-in à Khouribga. Ce sont des salariés d’une entreprise adjudicatrice d’un appel d’offres de l’OCP. Les travaux, objets du marché, ont fini. Que  réclament-ils ? Que l’OCP les recrute. Ce n’est pas un cas unique. Tous ceux qui ont du travail grâce aux entreprises mandatées par l’OCP  se croient fonder à réclamer un recrutement direct chez les phosphatiers. Dans le cas de Khouribga, il y a un vrai problème. Les gens en sit-in sont soutenus par l’UNTM, le syndicat du PJD (…)

 

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L’Amérique était une propriété de l’Empire du Maroc (Tel Quel)

Reda Zaireg - Ils sont américains, noirs, musulmans, s’affichent en tarbouch et e disent originaires du Maroc. Les membres du Moorish Science Temple of America prétendent être les premiers à avoir peuplé les Etats-unis. Organisation religieuse fondée en 1913 et qui compte quelque 3000 membres et 75 structures, elle affirme que l’Amérique était une propriété de l’Empire du Maroc bien avant sa découverte par Collomb. Au XVe siècle, les Européens auraient conclu avec le Maroc un contrat de bail de cinquante ans pour exploiter les terrera américaines (…) pour les membres du Moorish Temple, l’islam sunnite est une invention de l’Orient destinée à asservir les noirs (…) « notre prophète Drew Ali s’est rendu au Marox en 1926 pour rencontrer le Sultan Moulay Youssef » (…) Ceci est un fait réel : en 1790, huit esclaves marocains ont présenté à la Chambre des représentants de Caroline du sud une pétition exigeant leur libération. Faits prisonniers par les Portugais, alors en guerre avec le Maroc, ils ont été vendus aux USA. Le Sultan Mohamed III ayant conclu en 1777 un traité d’amitié avec les Etats-unis, il jouissait donc de quelques privilèges diplomatiques, dont celui de garantir la liberté à ses citoyens. C’est ainsi que le Moors Sundry Act of 1790 stipule que les Maures seront traités comme citoyens américains blancs et non en tant qu’esclaves affranchis. Un précédent qui constituera le noyau idéologique du Moorish Temple.

 

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Loi antipollution : publiée en 1995, applicable en 2018! (L’Economiste)

Hassan El Arif -  Il a fallu dix ans de tractations pour finaliser le dernier arrêté indispensable à l’application de la loi sur l’eau. Le texte vient d’être publié au Bulletin officiel. Il fixe les normes relatives aux rejets, écoulements, déversements ou dépôts directs ou indirects dans les eaux. L’arrêté interministériel détermine également les caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques des rejets. «Auparavant, bien que nous constations des cas de pollution évidents, nous étions handicapés par l’absence de normes officielles. Désormais, nous pourrons rappeler à l’ordre les pollueurs sur la base d’indicateurs chiffrés et irréfutables», explique Abdelaziz Zerouali, directeur de l’Agence du bassin hydraulique de Bouregreg, la plus importante en termes de territoire couvert. Sauf que l’entrée en vigueur de l’arrêté le 1er janvier 2018 fait jaser. «Cela fait près de 20 ans que la loi 10-95 sur l’eau a été promulguée. Les pollueurs ont eu largement le temps de se conformer à la loi. J’estime que le délai de quatre ans est trop long et qu’il a été allongé suite au lobbying des industriels», déclare un expert. Plusieurs campagnes de communication ont déjà été lancées pour sensibiliser les entreprises polluantes, sans grand résultat. Les agences des bassins hydrauliques vont maintenant accélérer la cadence pour appliquer les dispositions de la loi sur l’eau (…)

 

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Morocco leases lands to expand agricultural sector (ANBA)

Aurea Santos - The Moroccan agricultural sector generates US$ 11.56 billion, aim is to reach US$ 17 billion by 2020. The government is going to lease 600,000 hectares to local and foreign investors (…) In order to expand production, Morocco started leasing land for agriculture projects. Participation is open for both Moroccan and foreign investors. Up to now, 100,000 hectares of lands have been leased and another 600,000 hectares should be leased by 2020. In order to participate, interested parties should offer projects that promote the sector’s development. According to Abderrahim Benyassine, Partnership and Associations Director of the Moroccan agency, the quality of the project is more important to win the bidding process than the amount the company is willing to invest. The country is seeking projects with added value, with the possibility of developing the work of local farmers and small property owners, for example. Among the countries that have invested in projects in Morocco are the United Arab Emirates, France, Portugal and Spain. The tenders, however, have attracted the attention of investors from other countries, such as the United States, Belgium, Argentina, Gabon, Senegal, Tunisia, South Africa and Australia. There have been 31 foreign projects approved by the program, with a total land lease of 7,800 hectares. The leased land may be used for a period of more than 40 years, with the possibility for contract renovation, and the conditions for participating in the process are the same for Moroccans and foreigners (…) Also, Morocco has an association agreement with the European Union, which Brazil does not have.

 

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Terrorisme : le Maroc offre ses services à la Belgique (Le Soir.be)

Par Emmanuelle Praet - «Plus de 200 ressortissants belges sont partis combattre en Syrie et plus de 20 d’entre eux y sont morts, souvent dans les rangs des groupes les plus extrémistes, a affirmé le ministre déléguée des Affaires étrangères, Didier Reynders. Leur retour nous préoccupe autant que leur départ.» L’Europe n’est pas la seule à s’inquiéter de cette montée des radicaux islamistes, le Maghreb aussi tire la sonnette d’alarme. Et notamment le Maroc, décrit comme le pays le plus stable de la région mais qui n’échappe pourtant pas au phénomène. Plus de 1.000 jeunes Marocains, certains ayant la double nationalité, sont partis combattre en Syrie. Comment lutter contre ce radicalisme? La solution pour l’Europe est-elle à trouver dans les pays musulmans? Avec l’aide d’une délégation de parlementaires belges (dont Zoé Génot, Écolo, et Denis Ducarme, MR) en déplacement à Rabat, nous avons pu rencontrer des hommes et des femmes politiques qui luttent quotidiennement contre cette montée du radicalisme. Comment réagit le Maroc face à la poussée extrémiste ? Quel est le regard des autorités locales sur les jeunes Belgo-Marocains nés en Belgique et qui partent se battre au nom de l’islam ? Que pensent-ils de Sharia4Belgium, ou encore du parti Islam qui est apparu en Belgique ? Les autorités marocaines ont exceptionnellement accepté de répondre à toutes nos questions, sans tabou ! D’emblée, ce qui frappe

 

dans le discours officiel marocain, c’est le pragmatisme, bien loin du “politiquement correct” parfois présent en Belgique : le Maroc ne se voile pas la face! «Oui, il y a des problèmes, et oui, il faut trouver des solutions», annonce la ministre déléguée des Affaires étrangères, Mbarka Bouaida. Et le gouvernement de joindre le geste à la parole. Des mesures sont prises à tous les niveaux. Au Maroc, pas question de faire n’importe quoi! La pratique de l’islam est encadrée, réglementée et sanctionnée en cas d’abus. «Vous savez, nous avons les mêmes ennemis?! Et donc les mêmes problèmes. Nous avons plus de 1.000 jeunes qui sont partis se battre Syrie, et 100 y sont morts!», nous explique un membre du ministère de l’Intérieur. «Pour lutter contre cette montée de l’extrémisme, nous prônons une approche de lutte globale. Le plus important pour nous est de comprendre les gènes du terrorisme. Si le terrorisme existe, ce n’est pas parce qu’il y a une offre mais bien une demande».

 

Le Maroc a donc décidé de s’attaquer aux causes qui poussent certains jeunes à se tourner vers le radicalisme et la violence. «C’est ici que la maîtrise de l’islam a toute son importance. Un des éléments clés du système est ce que nous appelons la “Commanderie des croyants”, une coupole de gestion. Sa Majesté en est le symbole religieux.» Un symbole pour les musulmans mais également pour les juifs et les chrétiens. «L’interprétation du livre sacré, la Coran, relève de cette Commanderie. Toute interprétation ne peut émaner que de cette source. Il est important de signaler que nous pratiquons un islam moderne», insiste notre interlocuteur. «À côté du Coran, il y a la doctrine (le rite malékite) et le soufisme, qui donne sa beauté à la religion.» Ces trois aspects sont une spécificité du Maroc. « Cela nous garantit une sécurité culturelle et spirituelle puisque cela nous permet de faire face aux infiltrations des autres pratiques de l’islam. Et donc du radicalisme.» Au Maroc, la loi est simple: les salafistes ne peuvent pas prêcher. «Si un imam s’écarte de la ligne désignée par le ministère des Affaires religieuses, des sanctions sont prises. Et ce fut déjà le cas.»

 

«Au Maroc, la mosquée, c’est l’État. Il n’y a pas comme en Belgique des mosquées clandestines dans des sous-sols. Nous sommes pour la clarté, la transparence et non la clandestinité. Nous sommes aussi pour la modernité. L’islam évolue, le Maroc a évolué, les jeunes n’apprennent plus ce que nous avons appris. Avec le multimédia, la pédagogie évolue constamment et, par conséquent, la formation aussi. Depuis 2003, pour être prédicateur, il ne faut pas juste avoir appris le Coran et porter une belle barbe. On veut que les imams ressemblent au peuple, qu’ils soient capables d’enseigner selon les normes modernes et actuelles, et qu’ils disposent de la maîtrise des langues étrangères. Nous voulons des gens branchés.» Précurseur mondial, le Maroc a mis la femme au cœur des réformes. «Plus de 50% de la société est composée de femmes, nous sommes donc le premier pays à avoir formé des femmes imams», poursuit-il.

 

«La sécurité du Maroc passe par sa sécurité religieuse. Nous devons ériger des murs hauts pour éviter les extrémistes, mais nous sommes pour le bon enseignement religieux. Le débat doit se faire en discutant et pas par la violence. Les pays européens devraient s’inspirer de cette méthode qui a fait ses preuves. On voit se propager en Europe une pratique radicale inquiétante. Il y a une demande de compréhension de l’islam. Si l’État ne s’en occupe pas, d’autres vont le faire. Les autres peuvent être radicaux ou extrémistes et là, c’est non maîtrisable. En Europe, il y a ce vide qui donne la possibilité aux radicaux de s’installer et de diffuser un enseignement radical avec des interprétations très extrémistes. Nous devons travailler main dans la main avec l’Europe, qui je pense est réceptive. En Belgique, vous avez une grande communauté musulmane mais aussi beaucoup de personnes qui pourraient se convertir. Alors, autant qu’ils se convertissent à un islam tolérant.»

 

Le Maroc s’attaque aux détenus islamistes radicaux. Une proposition de loi en ce sens sera déposée en Belgique. «La prison, c’est lieu principal de la radicalisation! Quand est-ce que vous vous radicalisez. Quand vous êtes vulnérable?! Chez nous, les détenus les plus vulnérables sont pris en charge par des “grands frères?», analyse un membre du ministère de l’Intérieur du Maroc. «Nous avons connu le cas d’un jeune de 19 ans qui faisait de la contrebande et qui a été emprisonné. Il fut radicalisé en prison et il est devenu terroriste, membre actif d’une branche d’Al-Qaïda.» Le Maroc a pris conscience du danger des prisons et a décidé de réagir. « Nous avons une politique carcérale stricte. Nous avons des cellules de déradicalisation des leaders. La déradicalisation doit combattre le leader religieux, celui qui a une prestance, un prestige, il faut travailler avec la tête pensante, pas avec les muscles. C’est un travail de longue haleine. Si nous ne faisons pas attention, le leader charismatique recrutera dans toute la prison.» L’essentiel de l’approche avec les détenus est le dialogue avec ces extrémistes au sein même de la prison. «Nous voyons des résultats mais nous venons de très loin puisque nous étions face à des extrémistes qui étaient prêts à mourir et à tuer.»

 

Une telle approche est-elle possible en Belgique? Denis Ducarme, membre (MR) de la commission de l’Intérieur, a évidemment longuement écouté son homologue marocain. «L’avantage du Maroc, c’est que c’est un pays musulman, y parler de “déradicalisation” ne sera pas assimilé à “désislamiser”, ce qui fut le cas en Belgique lorsque nous avons abordé cette idée», rétorque-t-il. «Il me semble essentielde regarder comment le Maroc, mais aussi d’autres pays, la Jordanie par exemple, travaillent en matière de déradicalisation au niveaucarcéral, mais pas seulement. Nous devons nous en inspirer et collaborer avec les pays musulmans. On ne peut déradicaliser des islamistes qu’avec l’aide de la communauté musulmane non extrémiste. Je vais déposer une proposition de loi en ce sens, je pense sincèrement que je serai suivi. Au-delà des dossiers de sanctions sur le plan judiciaire, de l’interdiction de certains groupes radicaux, du combat pour la neutralité de l’État, de l’intégration, nous devons travailler avec des musulmans qui, comme nous, sont en guerre contre les islamistes. On le constate à l’issue de ce voyage au Maroc, les pays musulmans sont davantage en guerre contre les islamistes que nous ne pouvons l’être, car nos politiques ont toujours peur quand ils abordent ce genre de dossier d’être accusés de racisme. Un problème que les pays musulmans n’ont pas puisque ce sont des musulmans qui luttent contre des islamistes.“ Lors de notre reportage à Rabat, nous avons eu l’occasion de rencontrer le président de la Chambre, la ministre des Affaires étrangères et un membre du ministère de l’Intérieur. L’occasion était belle de leur demander quel regard ils portaient sur la communauté marocaine installée en Belgique et ailleurs.

 

«L’intégration des Marocains en Belgique est positive dans son ensemble. Mais il faut bien avouer qu’il y a des cas qui font exception et qui nuisent à l’image du Maroc. Le phénomène est international, il trouve sa source dans les extrémismes et le radicalisme qui, hélas!, existent partout. Je tiens à être claire, nous explique Mbarka Bouaida, la ministre des Affaires étrangères, nous condamnons toutes les incitations à la violence, à l’extrémisme et au radicalisme.» Un membre du ministère de l’Intérieur renchérit : «Les “Marocains du monde”, comme on les appelle, sont une priorité pour le Roi. Je tiens à dire aux Marocains qui vivent à l’étranger, en Belgique par exemple, que le Maroc a changé. Il n’est plus le même qu’il y a 50 ans lorsque l’immigration a débuté. Il faut que les Marocains qui vivent à l’étranger s’en rendent compte et évoluent également. Je pense sincèrement que l’islam en Europe est bien plus radical que l’islam pratiqué au Maroc.» Les différentes autorités rencontrées lors de notre reportage insistent sur l’aide que pourrait apporter le Maroc?: «L’approche doit se faire à différents niveaux : la religion, l’éducation et le social.»

 

«L’islam marocain est modéré et traditionnel, continue notre interlocuteur. Face à la montée d’un certain radicalisme, des actions ont été menées pour encadrer les citoyens marocains en matière religieuse car nous avions constaté un manque cruel de réglementation. Par exemple, la construction des mosquées est réglementée. Il faut une autorisation de construction et chaque mosquée est répertoriée. Le financement doit être soumis à l’autorité dirigeante et accepté. La formation des imams est encadrée. Les discours qui sont prononcés sont contrôlés par le ministère de tutelle. Les sujets abordés doivent recevoir un accord, pas question d’y tenir des discours extrémistes.

 

Les sujets sont vastes : les droits de la femme, le civisme et parfois même les accidents trop nombreux sur les autoroutes…» Autre priorité du gouvernement : l’enseignement donné aux enfants. «Nous avons revu tous les livres scolaires afin de nous assurer que rien ne puisse induire l’enfant en erreur. Autrement dit, qu’il n’y ait aucune idée radicale dans les manuels. On ne peut pas y trouver une seule allusion aux djihads.»

 

«Je pense qu’il est temps d’expliquer cet encadrement aux pays d’accueil des Marocains, notamment à la Belgique mais aussi aux Marocains qui y sont installés», poursuit la ministre des Affaires étrangères. «Aux hommes mais aux femmes également. Au Maroc, les femmes sont militantes depuis des années. Elles s’impliquent dans la société civile mais également dans la vie politique. Je me souviens des photos du Parlement dans les années 60, on n’y voyait que des hommes à l’image rurale. Quelques années plus tard, ces hommes portaient des costumes. Les femmes sont ensuite arrivées, elles portaient des djellabas et leur visage était caché. À présent, nous sommes des femmes modernes, nous portons des tailleurs et nous montrons notre visage. Le Maroc a évolué», insiste la ministre. «Preuve en est les thématiques abordées. Je pense qu’il ne reste plus de sujet tabou. Nous parlons de tout. Il y a eu cette histoire du bisou entre deux jeunes. Avant, personne n’en aurait parlé. Aujourd’hui, que les gens soient pour ou contre, ils en parlent. Le débat se crée. Nous progressons, même s’il est vrai que notre société est conservatrice. Cela ne veut pas dire extrémiste, c’est d’ailleurs tout le contraire. »

 

Pas un jour ne passe sans qu’une dépêche d’agence de presse n’annonce un attentat meurtrier quelque part dans le monde. Les mots sont redondants : rebelles, kamikazes, djihad, terroristes, islamistes. Pour certains, ces notions sont floues et se mélangent de manière erronée, créant des amalgames : islam = islamistes ou encore islam = terroristes. Depuis quelques mois, l’Europe assiste, impuissante, à la montée de l’extrémisme religieux. Récemment, les dirigeants des 28 pays européens se sont réunis pour tenter de trouver ensemble des mesures pour lutter contre ces menaces qui proviennent, phénomène nouveau, de jeunes parfois convertis qui partent se battre au nom de Dieu en Syrie et qui reviennent encore plus radicalisés.

 

«Depuis des mois, le groupe radical Sharia4Belgium fait parler de lui…en Belgique mais au Maroc aussi. Un tel groupe radical serait interdit chez nous», affirme la ministre des Affaires étrangères. «Sharia4Belgium a servi de pilote pour d’autres groupes aux Pays-Bas et en Allemagne», nous affirment les services spéciaux marocains qui avouent ne pas comprendre pourquoi la Belgique tolère cesgroupes radicaux. «Nous avons la même interrogation à propos du parti Islam en Belgique. Au Maroc, une loi récente interdit d’utiliser la religion comme argument de campagne, il est interdit par exemple de mettre une photo d’une mosquée sur les affiches électorales. Tout comme il est interdit de mettre le drapeau du pays. Le débat doit être laïc et non religieux ou nationaliste », explique le président de la Chambre. Si de tels groupes extrémistes ne peuvent légalement exister, le Maroc n’est pourtant pas dupe.

 

«Il y a bien sûr des groupements radicaux», reconnaît le président de la Chambre. «Et comme la Belgique ou l’Europe, nous avons des jeunes qui partent combattre et qui reviennent encore plus radicalisés. Ils partent soit seuls, soit de manière organisée via les réseaux sociaux. La Belgique a facilité certains de ces déplacements», poursuit la ministre des Affaires étrangères. «Avec internet, cela requiert encore plus d’efforts pour combattre les terroristes qui maîtrisent ces outils. Le plus important, c’est d’être vigilant quand les jeunes reviennent de Syrie puisqu’on ne peut pas faire obstacle à ces

 

départs. Nous devons les empêcher de mener des actes terroristes puisqu’ils partent s’entraîner pour cela en Syrie; ils ne veulent pas mener le djihad là-bas, mais bien au Maroc, ou en Europe. Le plus important est de savoir qui est parti et quand il revient. Nous devons tout savoir sur lui, sur son entourage. Le plus grave, c’est de ne pas savoir. Lors de leur retour, c’est tolérance zéro! Ils sont traduits devant les tribunaux et jugés immédiatement. La sanction est de plusieurs années de prison. Suffisamment pour dissuader les autres! Tous ceux qui ont manié des armes et des explosifs seront condamnés.»

 

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